vendredi 18 novembre 2005

Banlieues

On ne peut analyser ce qui se passe dans les banlieues sans y mettre notre vécu, nos sentiments, nos idées politiques, nos préjugés, le Présent est très dur à analyser, comment peut on rester objectif, quand on est dans le bain ?

         J’ai beaucoup réfléchi, lu aussi, avant d’en parler……

        Toutes les informations qui nous arrivent ont une couleur de campagne électorale (interventions télévisées du ministre de l’intérieur), de colonisation des mesures prises (intervention du premier ministre : couvre feu, état d’urgence…), de statistiques policières ( 700 voitures de brûlées : titre la presse écrite).

        Les banlieues ne sont pas le lieu de prédilection des dévoyés comme on veut bien nous le dire, ce sont des quartiers où la population est majoritairement en souffrance. Si on retire ce contexte social, il ne reste plus en effet que l’insécurité, ce qui fait des banlieues des foyers de renégats sans foi ni loi, alors qu’elles ne sont que les nids de laissés pour compte.

       Les souffrances économiques sont grandes, mais on en trouve aussi ailleurs, par contre les souffrances morales demandent juste «  le respect », faut comprendre le respect social, une reconnaissance, une valeur qui leur est refusée depuis très longtemps par le mépris que leur oppose la société du politiquement correct.

         Ce mépris grandissant, (les dernières élections présidentielles le prouvent) ne peut être perçu que comme une forme de violence, quotidienne, orchestrée.

      Face à cet affront permanent, comment ne pas perdre le sens des vraies valeurs citoyennes ?

        Je ne fais pas l’apogée de la violence, entendons nous bien, je ne peux pas cautionner des gestes irrationnels et illégaux !

      Mais la réaction actuelle des dirigeants ne fait qu’agrandir le fossé.

         La répression forte et le déni des libertés témoignent bien de ce mépris social, ils suppriment les appuis sociaux, la reconnaissance de la précarité. En réprimant ces revendications de dignité, ils ne laissent paraître que les actes les plus dévalorisants.

     Pourquoi les voitures ? parce qu’elles sont pour eux le symbole de la position sociale tout simplement, comme chez tant d’autres d’ailleurs.

        « L’honneur est la culture du pauvre » disait Richard Hoggart et le paradoxe est là, quel honneur y a-t-il à brûler des voitures ?

     Ce moyen qu’utilise les classes révoltées nuit à leur demande, c’est un mouvement autodestructeur (sans vilain jeu de mots), car ils ne fonctionnent que dans le mode dominé-dominant, leur seule arme est la violence, sauvage, non organisée, dévastatrice (à rapprocher de la révolte de Los Angeles)

     Comment pourrait il avoir une conscience sociale d’une société qui les a rejeté ?

« Partout où vous trouverez l’injustice, la forme appropriée de la politesse, c’est l’attaque » T. Bone Slim.

L’injustice fondamentale de la société française est soudain devenue visible aux yeux de tous et ça dérange !

MaRiOn

Posté par les utopistes à 18:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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